Guide pratique13 min de lecture

CCAG Travaux 2021 : guide pratique pour les entreprises du BTP

Mis à jour le 18 mars 2026 — Sources : Code de la commande publique, DAJ, Légifrance

Le CCAG Travaux (Cahier des Clauses Administratives Générales applicables aux marchés publics de travaux) est le texte de référence qui encadre l'exécution de la quasi-totalité des marchés publics de travaux en France. Entièrement réécrit par l'arrêté du 30 mars 2021 et entré en vigueur le 1er octobre 2021, il fixe les droits et obligations des maîtres d'ouvrage et des entreprises du BTP, de la notification du marché jusqu'au solde définitif.

Pour un dirigeant d'entreprise de travaux publics ou de bâtiment, ignorer le CCAG Travaux revient à exécuter un chantier sans lire le contrat. Ce guide décrypte les points essentiels : pénalités, réception, décomptes, prix révisables, sous-traitance et résiliation, avec un focus sur les changements de 2021 et les pièges à éviter.

Qu'est-ce que le CCAG Travaux ?

Définition et rôle

Le CCAG Travaux est un document type, approuvé par arrêté ministériel, qui fixe les clauses administratives générales applicables à l'exécution des marchés publics de travaux. Il constitue le socle contractuel commun à des dizaines de milliers de marchés chaque année : construction de routes, réhabilitation de bâtiments publics, assainissement, génie civil, VRD, etc.

Concrètement, le CCAG Travaux régit tout ce qui n'est pas spécifique au marché : ordres de service, délais d'exécution, pénalités, réception des ouvrages, décomptes, garanties, résiliation et litiges. Le CCAP (Cahier des Clauses Administratives Particulières) vient ensuite adapter ou déroger à ces clauses générales pour chaque marché.

Bon à savoir

Le CCAG Travaux n'est pas obligatoire. Aucun texte n'impose à un acheteur de s'y référer. Cependant, il est quasi-systématiquement référencé dans les marchés de travaux, car il offre un cadre juridique éprouvé et connu de l'ensemble de la filière BTP.

Champ d'application

Le CCAG Travaux s'applique aux marchés publics portant sur la réalisation de tous travaux de bâtiment et de génie civil : construction neuve, rénovation, démolition, terrassement, voirie, réseaux, aménagement paysager, etc. Il couvre aussi les travaux d'entretien courant lorsqu'ils sont passés sous forme de marché de travaux.

Il ne s'applique pas aux marchés de fournitures, de services, de prestations intellectuelles, de maîtrise d'oeuvre ou de technologies de l'information, qui relèvent chacun d'un CCAG spécifique.

Comparatif : CCAG Travaux, CCAG FCS et CCAG PI

Critère CCAG Travaux CCAG FCS CCAG PI
Champ Travaux de bâtiment et génie civil Fournitures courantes et services Prestations intellectuelles (études, conseil, MOE)
Pénalités de retard (taux journalier) 1/3 000e du montant HT 1/1 000e du montant HT 1/1 000e du montant HT
Plafond des pénalités 10 % du montant HT 10 % du montant HT 10 % du montant HT
Garantie post-réception Garantie de parfait achèvement (1 an) Garantie contractuelle (durée variable) Pas de garantie type
Réception OPR + décision du maître d'ouvrage Vérification / admission Vérification / admission
Délai de paiement 30 jours 30 jours 30 jours

Comment savoir quel CCAG s'applique ?

Consultez l'acte d'engagement ou le CCAP du marché. Le CCAG applicable y est toujours mentionné. En cas de doute, demandez une clarification lors de la phase de questions. Un marché peut aussi déroger à certains articles du CCAG : ces dérogations doivent figurer dans le CCAP.

Les nouveautés du CCAG Travaux 2021

La réforme de 2021 est la plus importante depuis celle de 2009. Elle touche tous les chapitres du texte. Voici les changements majeurs, présentés sous forme de comparatif :

Thème CCAG Travaux 2009 CCAG Travaux 2021
Pénalités de retard Pas de plafond, pas de seuil d'exonération Plafond à 10 % du montant HT, exonération sous 1 000 €
Prix Prix fermes par défaut Prix révisables encouragés, clause de sauvegarde (art. 10.5)
Clause de réexamen Inexistante Prévue pour adapter le marché en cas de circonstances imprévues
Résiliation Procédure lourde et peu lisible Résiliation simplifiée, cas mieux définis (art. 49-54)
Développement durable Non traité Clause environnementale générale (art. 20.2)
Insertion sociale Non traité Clause d'insertion sociale (art. 20.1)
Dématérialisation Échanges papier majoritaires Notifications électroniques, BIM, profil acheteur
Ordres de service Signature requise Pas de signature, présomption de réception à 8 jours via le profil acheteur
Protection des données Non traité Conformité RGPD intégrée

Détail des 6 changements majeurs

1. Pénalités plafonnées à 10 %

C'est la nouveauté la plus attendue par les entreprises. L'ancien CCAG ne prévoyait aucun plafond : les pénalités pouvaient atteindre 20 %, 30 % voire plus du montant du marché, mettant en péril la trésorerie des PME. Désormais, l'article 19.2 fixe un plafond à 10 % du montant HT du marché, de la tranche ou du bon de commande. En dessous de 1 000 €, les pénalités ne sont pas appliquées.

Attention : dérogation possible

Le CCAP peut déroger au plafond de 10 %. Vérifiez systématiquement les dérogations au CCAG dans le CCAP de chaque marché. Certains maîtres d'ouvrage suppriment le plafond ou le portent à 15 %, voire 20 %.

2. Prix révisables et clause de sauvegarde

Le CCAG 2021 encourage le recours aux prix révisables plutôt qu'aux prix fermes, pour mieux répartir le risque lié à la volatilité des coûts des matériaux (acier, bois, cuivre, bitume). L'article 10.5 prévoit une clause de sauvegarde qui permet de demander une révision exceptionnelle lorsque les conditions économiques sont bouleversées.

3. Clause de réexamen

Inspirée de la directive européenne 2014/24/UE, la clause de réexamen permet d'adapter les conditions du marché en cours d'exécution lorsque des circonstances imprévues (hausse brutale des matériaux, crise sanitaire, conflit international) rendent l'exécution excessivement onéreuse. C'est un filet de sécurité pour les entreprises confrontées à des bouleversements économiques.

4. Résiliation simplifiée

Les articles 49 à 54 clarifient les cas de résiliation : pour faute du titulaire, pour motif d'intérêt général, pour événement extérieur (décès, liquidation judiciaire). La procédure contradictoire est renforcée, et les droits à indemnisation du titulaire sont mieux définis (5 % par défaut en cas de résiliation pour motif d'intérêt général).

5. Développement durable

L'article 20.2 introduit une clause environnementale générale qui impose au titulaire de prendre en compte la protection de l'environnement dans l'exécution des travaux : gestion des déchets de chantier, limitation des nuisances sonores, réduction de l'empreinte carbone. Cette clause s'inscrit dans la continuité de la loi Climat et Résilience du 22 août 2021.

6. Insertion sociale

L'article 20.1 prévoit une clause d'insertion sociale destinée à favoriser l'emploi de personnes éloignées du marché du travail : jeunes sans qualification, demandeurs d'emploi de longue durée, bénéficiaires du RSA. Les heures d'insertion sont définies dans le CCAP et font l'objet d'un suivi spécifique.

Les phases clés d'un marché de travaux

Un marché de travaux suit un cycle de vie structuré, de la notification jusqu'au solde définitif. Chaque phase est encadrée par des articles précis du CCAG Travaux. Voici les 6 étapes à connaître :

  1. Notification et préparation du marché : La notification de l'acte d'engagement marque le point de départ du marché. L'entreprise dispose alors d'un délai (généralement 15 à 30 jours, fixé dans le CCAP) pour constituer son dossier administratif : attestations d'assurance, caution ou garantie à première demande, liste du personnel d'encadrement, planning prévisionnel. C'est aussi le moment de vérifier le contenu du CCAP et d'identifier les dérogations au CCAG.
  2. Période de préparation : Avant le démarrage effectif des travaux, une période de préparation est prévue pour organiser le chantier. Elle comprend : l'installation de chantier, l'établissement du Plan Particulier de Sécurité et de Protection de la Santé (PPSPS), la validation du planning d'exécution détaillé, les formalités de sous-traitance (demandes d'agrément), et la tenue de la réunion de démarrage. L'ordre de service de démarrage des travaux est émis à l'issue de cette période.
  3. Exécution des travaux : C'est la phase opérationnelle du chantier. L'entreprise doit respecter les prescriptions du CCTP, les délais contractuels et les ordres de service émis par le maître d'oeuvre. Les acomptes mensuels sont versés sur la base des situations de travaux. En cas de difficulté (intempéries, découverte de réseaux imprévus, modification du programme), l'entreprise doit formaliser ses réclamations par écrit dans les délais prévus par le CCAG (article 55). Toute demande de prolongation de délai doit être motivée et transmise avant l'expiration du délai contractuel.
  4. Réception des travaux : L'entreprise demande la réception en fin de travaux. Le maître d'oeuvre organise les Opérations Préalables à la Réception (OPR) dans un délai de 20 jours après la demande. Les OPR consistent en une visite contradictoire du chantier pour constater l'achèvement des travaux et dresser la liste des réserves éventuelles. Le maître d'ouvrage prononce ensuite la réception, soit sans réserve, soit avec réserves (l'entreprise dispose alors d'un délai pour lever les réserves). Le refus de réception est possible si les ouvrages ne sont pas en état d'être reçus.
  5. Garantie de parfait achèvement : Pendant 1 an à compter de la date de réception, l'entreprise est tenue de reprendre tous les désordres signalés par le maître d'ouvrage, qu'ils aient fait l'objet de réserves à la réception ou qu'ils soient apparus postérieurement. Cette garantie couvre les malfaçons, les défauts de conformité et les vices apparents. Elle ne couvre pas l'usure normale ni les dommages causés par un mauvais usage.
  6. Décompte et solde : Après la réception, l'entreprise établit le projet de décompte final (PDF) dans un délai de 45 jours. Le maître d'oeuvre prépare ensuite le décompte général, transmis au titulaire pour signature. Le titulaire dispose de 30 jours pour renvoyer le décompte général signé, assorti éventuellement de réserves motivées. Passé ce délai, le décompte est réputé accepté. Le Décompte Général et Définitif (DGD) clôture financièrement le marché et éteint toute réclamation ultérieure.

Le DGD est définitif

Une fois le DGD signé sans réserve, ni l'entreprise ni le maître d'ouvrage ne peuvent revenir sur les montants. C'est pourquoi il est essentiel de vérifier chaque ligne du décompte général avant de le signer. Si vous identifiez une erreur, formulez vos réserves par écrit dans le délai de 30 jours.

Points clés à maîtriser

Pénalités de retard : formule et plafond

Les pénalités de retard sont le sujet qui préoccupe le plus les entreprises du BTP. Voici les règles fixées par l'article 19.2 du CCAG Travaux 2021 :

Paramètre Valeur CCAG Travaux 2021
Taux journalier 1/3 000e du montant HT du marché
Plafond 10 % du montant total HT
Seuil de non-application 1 000 €
Délai d'observation 15 jours minimum pour présenter des observations

Exemple concret : pour un marché de 600 000 € HT, la pénalité journalière est de 600 000 / 3 000 = 200 € par jour de retard. Le plafond est de 60 000 € (10 %). Si le retard est de 10 jours, la pénalité totale s'élève à 2 000 €. Si elle est inférieure à 1 000 €, elle n'est pas appliquée.

Procédure contradictoire obligatoire

Avant d'appliquer des pénalités, le maître d'ouvrage doit inviter le titulaire par écrit à présenter ses observations dans un délai d'au moins 15 jours (art. 19.2). Cette procédure est nouvelle en 2021 et constitue une protection importante pour les entreprises.

OPR et réception des ouvrages

La réception est l'acte par lequel le maître d'ouvrage accepte les ouvrages. Elle déclenche le transfert de garde, le point de départ des garanties légales et le calcul du solde.

Réception sans réserve : les ouvrages sont conformes au marché. La garantie de parfait achèvement d'un an démarre à la date de réception.

Réception avec réserves : des défauts mineurs sont constatés. L'entreprise dispose d'un délai (fixé lors des OPR, généralement 60 à 90 jours) pour lever les réserves. Si les réserves ne sont pas levées dans le délai, le maître d'ouvrage peut faire exécuter les travaux aux frais du titulaire.

Ne négligez jamais les OPR

Les OPR sont contradictoires : le titulaire doit y participer. Son absence ne bloque pas la procédure, mais le prive de la possibilité de contester les réserves. Préparez chaque OPR avec votre conducteur de travaux et apportez vos propres constats.

Décomptes : mensuels, final et DGD

Le circuit financier d'un marché de travaux suit trois étapes :

Type de décompte Qui l'établit Délai Contenu
Décompte mensuel Titulaire (projet), puis maître d'oeuvre (état d'acompte) Mensuel Travaux exécutés dans le mois, approvisionnements, avances
Décompte final Titulaire 45 jours après la réception Récapitulatif de toutes les sommes dues au titre du marché
DGD (Décompte Général et Définitif) Maître d'oeuvre, puis validation maître d'ouvrage 30 jours pour signature par le titulaire Solde définitif, extinction de toute réclamation

Conseil : ne laissez jamais filer les délais du DGD

Si vous ne renvoyez pas le décompte général signé (avec ou sans réserves) dans les 30 jours, il est réputé accepté. Toute réclamation ultérieure est irrecevable. Inscrivez cette échéance dans votre agenda dès réception du document.

Prix révisables et clause de sauvegarde

Le CCAG 2021 encourage les acheteurs à prévoir des prix révisables plutôt que des prix fermes, notamment pour les marchés de plus de 3 mois. La formule de révision est définie dans le CCAP et s'appuie sur des index BT (bâtiment) ou TP (travaux publics) publiés par l'INSEE.

En cas de bouleversement économique majeur (hausse brutale du coût de l'acier, de l'énergie ou du bitume), la clause de sauvegarde (art. 10.5) permet au titulaire de demander une modification des conditions financières. C'est un mécanisme distinct de l'imprévision (art. L6 du Code de la commande publique), car il est contractuellement prévu.

Prix fermes : un risque pour les PME

Si le CCAP prévoit des prix fermes sans actualisation sur un marché de longue durée, l'entreprise supporte seule le risque de hausse des matériaux. Avant de soumissionner, évaluez ce risque et intégrez une marge de sécurité dans vos prix, ou négociez une clause de révision lors de la phase de questions.

Sous-traitance

La sous-traitance est encadrée par la loi du 31 décembre 1975 et les articles 3 et suivants du CCAG Travaux. Le titulaire doit obtenir l'agrément du maître d'ouvrage pour chaque sous-traitant, en précisant la nature des prestations sous-traitées et le montant correspondant.

Le sous-traitant agréé bénéficie du paiement direct par le maître d'ouvrage pour la part de travaux qui le concerne, à condition que le montant dépasse 600 € TTC. C'est une protection essentielle : le sous-traitant ne dépend pas de la trésorerie du titulaire principal.

Sous-traitance non déclarée : risque pénal

Faire intervenir un sous-traitant non agréé est un manquement grave. Le titulaire s'expose à la résiliation du marché aux torts exclusifs, à des pénalités spécifiques et, dans les cas les plus graves, à des poursuites pour travail dissimulé. Déclarez chaque sous-traitant avant son intervention sur le chantier.

Conseils pratiques pour les entreprises BTP

1. Vérifiez les dérogations au CCAG dans le CCAP

Le CCAP peut déroger à n'importe quel article du CCAG Travaux. Certaines dérogations sont favorables à l'entreprise (délais de paiement raccourcis), d'autres non (suppression du plafond de pénalités, réduction des délais de réclamation). Avant de soumissionner, listez toutes les dérogations et évaluez leur impact sur votre marge et votre trésorerie.

Les dérogations à surveiller en priorité :

  • Suppression ou modification du plafond de pénalités de 10 %
  • Réduction du seuil d'exonération des pénalités (de 1 000 € à un montant inférieur)
  • Prix fermes au lieu de prix révisables sur un marché de plus de 6 mois
  • Délai de réclamation réduit pour le DGD
  • Clause de résiliation aux torts exclusifs élargie

2. Gérez vos réserves avec méthode

Les réserves formulées lors des OPR peuvent peser sur votre trésorerie si elles ne sont pas levées rapidement. Voici la méthode recommandée :

  1. Préparez les OPR en amont : faites votre propre visite de chantier 48 heures avant la date prévue, listez les points à reprendre et planifiez les interventions.
  2. Participez systématiquement aux OPR : en cas de désaccord, formulez vos observations contradictoires par écrit le jour même.
  3. Planifiez la levée des réserves : mobilisez vos équipes dès le lendemain des OPR pour traiter les réserves dans le délai imparti.
  4. Demandez un constat de levée : faites constater officiellement la levée de chaque réserve par le maître d'oeuvre, par écrit.

3. Respectez le calendrier du DGD

Le DGD est le point final du marché. Voici le calendrier type à respecter :

Étape Qui Délai
Envoi du projet de décompte final Titulaire 45 jours après la réception
Décompte général notifié au titulaire Maître d'oeuvre / Maître d'ouvrage 30 jours après réception du décompte final
Renvoi signé par le titulaire Titulaire 30 jours après notification
Silence du titulaire = acceptation tacite Automatique Au-delà de 30 jours

Astuce pour les PME

Dès la notification du marché, créez un échéancier avec toutes les dates clés : fin de la période de préparation, jalons intermédiaires, date prévisionnelle de réception, date limite du décompte final, date limite de retour du DGD signé. Partagez-le avec votre conducteur de travaux et votre service comptable.

4. Documentez tout, systématiquement

En marché public, ce qui n'est pas écrit n'existe pas. Conservez et archivez :

  • Tous les ordres de service et vos éventuelles réserves
  • Les comptes rendus de chantier signés
  • Les courriers de réclamation avec accusé de réception
  • Les situations de travaux mensuelles et les états d'acompte
  • Les photos de chantier datées (avant, pendant, après)
  • Le DOE (Dossier des Ouvrages Exécutés) complet

5. Anticipez les réclamations

L'article 55 du CCAG Travaux encadre la procédure de réclamation. Si vous estimez que le décompte général ne reflète pas les sommes dues (travaux supplémentaires non rémunérés, pénalités contestées, retenues injustifiées), vous devez formuler un mémoire en réclamation détaillé et chiffré dans le délai de 30 jours. Passé ce délai, votre réclamation est irrecevable.

Erreurs fréquentes à éviter

Côté maître d'ouvrage

Erreur Conséquence Bonne pratique
Appliquer des pénalités sans procédure contradictoire Pénalités annulées par le juge, indemnisation du titulaire Respecter le délai de 15 jours pour observations (art. 19.2)
Ne pas prononcer la réception dans les délais Réception tacite, perte du droit de formuler des réserves Organiser les OPR dans les 20 jours suivant la demande du titulaire
Déroger massivement au CCAG sans justification Dissuasion des candidats, marchés infructueux, contentieux Limiter les dérogations à ce qui est strictement nécessaire
Retarder le paiement des acomptes au-delà de 30 jours Intérêts moratoires automatiques au profit du titulaire Mettre en place un circuit de validation rapide des situations
Ignorer les obligations d'insertion et d'environnement Non-conformité avec la loi Climat et Résilience Intégrer les clauses des articles 20.1 et 20.2 dans le CCAP

Côté entreprise

Erreur Conséquence Bonne pratique
Ne pas lire le CCAP et ses dérogations au CCAG Découverte tardive d'un plafond de pénalités supprimé ou d'un prix ferme Analyser le CCAP article par article avant de soumissionner
Ne pas formaliser les réclamations par écrit Perte du droit à indemnisation, travaux supplémentaires non payés Envoyer chaque réclamation par écrit avec accusé de réception, dans les délais
Rater le délai de 30 jours pour le DGD Acceptation tacite du décompte, impossibilité de contester Inscrire la date butoir dans l'agenda dès réception du décompte général
Sous-traiter sans agrément préalable Résiliation aux torts exclusifs, pénalités, risque pénal Déposer la demande d'agrément avant toute intervention du sous-traitant
Négliger le PPSPS et le DOE Refus de réception, pénalités pour documents manquants (art. 19.3) Préparer le PPSPS en période de préparation, constituer le DOE tout au long du chantier
Ne pas participer aux OPR Impossibilité de contester les réserves, travaux complémentaires imposés Assister à chaque OPR avec le conducteur de travaux

En résumé

La majorité des litiges en marchés de travaux naissent de deux causes : le non-respect des délais contractuels et l'absence de formalisation écrite. Respectez les délais du CCAG, écrivez tout, et vous éviterez 90 % des contentieux.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le CCAG Travaux ?
Le CCAG Travaux (Cahier des Clauses Administratives Générales applicables aux marchés publics de travaux) est un document type approuvé par arrêté ministériel qui fixe les règles administratives applicables à l'exécution des marchés publics de travaux. Il encadre les délais, pénalités, réception, décomptes, garanties, sous-traitance et résiliation. La version en vigueur date de l'arrêté du 30 mars 2021.
Quand le CCAG Travaux 2021 est-il entré en vigueur ?
Le CCAG Travaux 2021 est entré en vigueur le 1er avril 2021. Les acheteurs pouvaient encore se référer à la version de 2009 jusqu'au 30 septembre 2021. Depuis le 1er octobre 2021, la version 2021 s'applique par défaut à tous les marchés de travaux qui y font référence. Il a été modifié par l'arrêté du 29 décembre 2022.
Comment sont calculées les pénalités de retard dans le CCAG Travaux ?
Les pénalités de retard sont calculées à raison de 1/3 000e du montant HT du marché par jour de retard (article 19.2). Elles sont plafonnées à 10 % du montant total HT du marché. En dessous de 1 000 € au total, elles ne sont pas appliquées. Avant toute application, le maître d'ouvrage doit inviter le titulaire à présenter ses observations dans un délai d'au moins 15 jours.
Le plafond de 10 % des pénalités est-il garanti ?
Non. Le plafond de 10 % est la règle par défaut du CCAG Travaux 2021, mais le CCAP (Cahier des Clauses Administratives Particulières) peut y déroger. Certains maîtres d'ouvrage suppriment le plafond ou le relèvent à 15 % ou 20 %. Vérifiez systématiquement les dérogations au CCAG dans le CCAP avant de soumissionner.
Qu'est-ce que le DGD et pourquoi est-il si important ?
Le DGD (Décompte Général et Définitif) est le document qui clôture financièrement un marché de travaux. Une fois signé sans réserve par le titulaire, il éteint toute possibilité de réclamation ultérieure, tant pour l'entreprise que pour le maître d'ouvrage. Le titulaire dispose de 30 jours pour le retourner signé, avec ou sans réserves. Passé ce délai, le DGD est réputé accepté.
Quelle est la durée de la garantie de parfait achèvement ?
La garantie de parfait achèvement dure 1 an à compter de la date de réception des travaux. Pendant cette période, l'entreprise est tenue de réparer tous les désordres signalés par le maître d'ouvrage, qu'ils aient été constatés lors de la réception (réserves) ou qu'ils soient apparus ultérieurement. Cette garantie ne couvre pas l'usure normale ni les dommages liés à un usage anormal.
Quelles sont les obligations de l'entreprise en matière de sous-traitance ?
Le titulaire doit obtenir l'agrément du maître d'ouvrage pour chaque sous-traitant avant son intervention sur le chantier, en précisant la nature des prestations et le montant. Le sous-traitant agréé bénéficie du paiement direct dès lors que sa part dépasse 600 € TTC. Faire intervenir un sous-traitant non agréé expose à la résiliation du marché, à des pénalités et à des poursuites pénales pour travail dissimulé.
L'entreprise peut-elle contester une résiliation pour faute ?
Oui. La résiliation pour faute est encadrée par les articles 49 à 54 du CCAG Travaux 2021. Elle doit être précédée d'une mise en demeure restée sans effet. Le titulaire peut contester la décision devant le tribunal administratif dans un délai de 2 mois à compter de la notification. Si la résiliation est jugée irrégulière, l'entreprise a droit à une indemnisation.
Qu'est-ce que la clause de réexamen introduite en 2021 ?
La clause de réexamen permet d'adapter les conditions du marché en cours d'exécution lorsque des circonstances imprévues (hausse brutale des matériaux, crise sanitaire, conflit géopolitique) rendent l'exécution excessivement onéreuse. Elle est distincte de la théorie de l'imprévision et doit être prévue dans les documents du marché. Elle offre un filet de sécurité contractuel aux entreprises confrontées à des bouleversements économiques.
Le CCAG Travaux est-il obligatoire ?
Non, le CCAG Travaux n'est pas juridiquement obligatoire. Aucun texte n'impose aux acheteurs publics de s'y référer. En pratique, il est quasi-systématiquement référencé dans les marchés de travaux car il offre un cadre contractuel éprouvé. L'acheteur peut déroger à certains articles dans le CCAP, à condition de lister explicitement ces dérogations.

Ne ratez plus aucun marché public

Recevez chaque matin les consultations correspondant à votre secteur et votre région. C'est gratuit.

Créer mon alerte gratuite