Définition marchés publics

Paiement direct sous-traitantPaiement direct du sous-traitant en marché public

Le paiement direct est l'obligation pour l'acheteur public de verser directement au sous-traitant les sommes qui lui sont dues, sans passer par le titulaire du marché. Ce mécanisme protège le sous-traitant contre le risque d'impayé en cas de défaillance du titulaire principal.

Le paiement direct est un droit inaliénable : le sous-traitant ne peut pas y renoncer, même par contrat. Toute clause prévoyant la renonciation au paiement direct est réputée non écrite.

1Conditions du paiement direct

Le paiement direct s'applique dès que trois conditions sont réunies :

  • Le sous-traitant est déclaré et accepté : le titulaire a déposé un DC4, l'acheteur a accepté le sous-traitant et agréé ses conditions de paiement
  • Le montant de la sous-traitance dépasse 600 € TTC : en dessous de ce seuil, le paiement direct n'est pas obligatoire
  • Le marché est un marché public : le paiement direct n'existe pas en marché privé (où c'est la caution bancaire qui protège le sous-traitant)

Attention : le paiement direct ne concerne que les sous-traitants de rang 1 (directement liés au titulaire). Les sous-traitants de rang 2 et plus n'en bénéficient pas.

2Procédure de paiement direct

  • 1. Le sous-traitant adresse sa demande de paiement au titulaire principal
  • 2. Le titulaire dispose de 15 jours pour donner son accord ou formuler un refus motivé
  • 3. En cas de silence du titulaire au-delà de 15 jours, l'accord est réputé acquis
  • 4. L'acheteur procède au paiement direct du sous-traitant dans le délai de paiement applicable (30 jours)
  • 5. Le montant est déduit du paiement versé au titulaire

Le titulaire ne peut s'opposer au paiement direct que par un refus motivé (ex : prestations non réalisées, montant contesté). Un refus abusif engage sa responsabilité.

3Paiement direct vs action directe

Le paiement direct (marchés publics) et l'action directe (marchés privés, article 12 de la loi de 1975) sont deux mécanismes différents :

  • Paiement direct : automatique en marché public, dès que le sous-traitant est accepté. L'acheteur paie directement sans que le sous-traitant ait besoin d'agir.
  • Action directe : en marché privé, le sous-traitant doit exercer une action (mise en demeure puis action en justice) contre le maître d'ouvrage pour obtenir le paiement. C'est une démarche contentieuse.

Articles du Code de la commande publique

Article L2193-11 du CCP

Pose le principe du paiement direct du sous-traitant par l'acheteur, pour les sommes qui lui sont dues au titre du contrat de sous-traitance.

Article R2193-10 du CCP

Fixe le seuil de 600 € TTC au-delà duquel le paiement direct est obligatoire.

Loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975

Loi fondamentale sur la sous-traitance qui impose l'acceptation du sous-traitant et organise la protection de ses droits de paiement.

Questions fréquentes

Le sous-traitant peut-il renoncer au paiement direct ?
Non. Le paiement direct est un droit inaliénable. Toute clause de renonciation est réputée non écrite (article L2193-11 du CCP).
Quel est le seuil du paiement direct ?
600 € TTC. En dessous de ce montant, le paiement direct n'est pas obligatoire.
Le paiement direct existe-t-il en marché privé ?
Non. En marché privé, le sous-traitant est protégé par l'action directe (article 12 de la loi de 1975) et par la caution bancaire ou la délégation de paiement. Mais il n'y a pas de paiement automatique par le maître d'ouvrage.
Que faire si le titulaire refuse le paiement direct ?
Le titulaire doit motiver son refus dans un délai de 15 jours. Passé ce délai, son silence vaut acceptation. En cas de refus abusif, le sous-traitant peut saisir l'acheteur ou le juge administratif.

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